{"id":13202,"date":"2020-10-19T04:31:25","date_gmt":"2020-10-19T04:31:25","guid":{"rendered":"http:\/\/cargovale.com.au\/home\/?p=13202"},"modified":"2020-10-07T11:50:59","modified_gmt":"2020-10-07T11:50:59","slug":"milan-kundera-une-rencontre-download","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cargovale.com.au\/home\/2020\/10\/19\/milan-kundera-une-rencontre-download\/","title":{"rendered":"Milan Kundera Une Rencontre Download"},"content":{"rendered":"<p>D\u00e9couvrir ce dont elle est capable. Mais d\u00eatre si importante, si grave, sa coquetterie a perdu toute l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, elle est forc\u00e9e, voulue, excessive. L\u00e9quilibre entre la promesse et labsence de garantie en quoi r\u00e9side pr\u00e9cis\u00e9ment lauthentique virtuosit\u00e9 de la coquetterie! en est rompu. Elle est trop prompte \u00e0 promettre sans montrer assez clairement que sa promesse ne lengage \u00e0 rien. Autrement dit, tout le monde la croit extraordinairement facile. Et ensuite, quand les hommes r\u00e9clament laccomplissement de ce qui leur semblait promis, ils butent sur une r\u00e9sistance soudaine quils ne peuvent sexpliquer que par la cruaut\u00e9 raffin\u00e9e de Tereza. Il fait froid dehors, dit Sabina. Je vais te pr\u00eater un bas! Elle lui tendit un long bas blanc r\u00e9sille \u00e0 la derni\u00e8re mode. Il savait fort bien que c\u00e9tait une vengeance. Elle avait cach\u00e9 sa chaussette pour le punir davoir regard\u00e9 sa montre pendant lamour. Avec le froid quil faisait, il ne lui restait plus qu\u00e0 se soumettre. Il rentra chez lui et il avait une chaussette \u00e0 une jambe, \u00e0 lautre un bas blanc de femme roul\u00e9 sur la cheville. Sa situation \u00e9tait sans issue : aux yeux de ses ma\u00eetresses il \u00e9tait marqu\u00e9 du sceau infamant de son amour pour Tereza, aux yeux de Tereza des stigmates de ses aventures avec ses ma\u00eetresses. To avoid being denied access, log in if youre a ResearchGate member or create an account if youre not. Saisissez les caract\u00e8res que vous voyez ci-dessous n\u00e9gatif-Chose curieuse, cette mutation ne nous surprend pas. Nous serions au contraire indign\u00e9s si Beethoven \u00e9tait pass\u00e9 du s\u00e9rieux de son quatuor \u00e0 la blague l\u00e9g\u00e8re du canon \u00e0 trois voix sur la bourse de Dembscher. Pourtant, il aurait agi tout \u00e0 fait dans lesprit de Parm\u00e9nide : il aurait chang\u00e9 du lourd en l\u00e9ger, donc du n\u00e9gatif en positif! Au d\u00e9but, il y aurait eu sous forme desquisse imparfaite une grande v\u00e9rit\u00e9 m\u00e9taphysique et \u00e0 la fin comme \u0153uvre achev\u00e9e la plus l\u00e9g\u00e8re des plaisanteries. Seulement, nous ne savons plus penser comme Parm\u00e9nide. Je crois quau fond de lui Tomas sirritait depuis d\u00e9j\u00e0 longtemps de cet agressif, solennel et aust\u00e8re es muss sein! et quil y avait en lui un d\u00e9sir cach\u00e9 de changer le lourd en l\u00e9ger selon la d\u00e9marche de Parm\u00e9nide. Souvenons-nous quil lui avait jadis suffi dune minute \u00e0 peine pour refuser de jamais revoir sa premi\u00e8re femme et son fils et quil avait appris avec soulagement que son p\u00e8re et sa m\u00e8re avaient rompu avec lui. Etait-ce autre chose quun geste soudain et pas tellement rationnel par lequel il repoussait ce qui voulait saffirmer \u00e0 lui comme une obligation pesante, comme un es muss sein!? Evidemment, il sagissait alors dun es muss sein! ext\u00e9rieur, impos\u00e9 par les conventions sociales, tandis que l es muss sein! de son amour de la m\u00e9decine \u00e9tait une n\u00e9cessit\u00e9 int\u00e9rieure. Justement, c\u00e9tait encore pire. Car limp\u00e9ratif int\u00e9rieur est encore plus fort et nincite que plus fortement \u00e0 la r\u00e9volte. Etre chirurgien, cest ouvrir la surface des choses et regarder ce qui se cache au-dedans. Ce fut peut-\u00eatre ce d\u00e9sir qui donna \u00e0 Tomas lenvie daller voir ce quil y avait de lautre c\u00f4t\u00e9, au-del\u00e0 de 1 es muss sein! ; autrement dit : daller voir ce qui reste de la vie quand lhomme sest d\u00e9barrass\u00e9 de tout ce quil a jusquici tenu pour sa mission. Pourtant, quand il vint se pr\u00e9senter \u00e0 laffable directrice 28 D\u00e8s quil re\u00e7ut le t\u00e9l\u00e9gramme du pr\u00e9sident de la coop\u00e9rative, il enfourcha sa moto et se mit en route. Il se chargea de lenterrement. Sur le monument, il fit graver au-dessous du nom de son p\u00e8re cette inscription : Il voulait le Royaume de Dieu sur la terre. Il savait bien que son p\u00e8re naurait jamais employ\u00e9 ces mots-l\u00e0 pour exprimer cette id\u00e9e. Mais il \u00e9tait certain que ces mots exprimaient exactement ce que voulait son p\u00e8re. Le royaume de Dieu signifie la justice. Tomas avait soif dun monde o\u00f9 r\u00e9gnerait la justice. Simon na-t-il pas le droit dexprimer la vie de son p\u00e8re avec son propre vocabulaire? Nest-ce pas depuis des temps imm\u00e9moriaux le droit de tous les h\u00e9ritiers! Apr\u00e8s un long \u00e9garement, le retour, peut-on lire sur le monument fun\u00e9raire de Franz. Cette inscription peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme un symbole religieux : l\u00e9garement dans la vie terrestre, le retour dans les bras de Dieu. Mais les initi\u00e9s savent que cette phrase a aussi un sens tout \u00e0 fait profane Dailleurs, Marie-Claude en parle quotidiennement : Franz, ce cher, ce brave Franz, na pas support\u00e9 la crise de la cinquantaine. Il est tomb\u00e9 dans les griffes dune pauvre fille! Elle n\u00e9tait m\u00eame pas jolie vous avez remarqu\u00e9 ces \u00e9normes lunettes derri\u00e8re lesquelles on la voit \u00e0 peine. Mais un quinquag\u00e9naire nous le savons tous! vendrait son \u00e2me pour un morceau de jeune chair. Seule sa propre femme peut savoir comme il en a souffert! Pour lui, c\u00e9tait une vraie torture morale! Parce que Franz, au fond de son \u00e2me, \u00e9tait un homme honn\u00eate et bon. Comment expliquer autrement 7 Elle rentra \u00e0 la maison, d\u00e9jeuna sans app\u00e9tit debout dans la cuisine. A trois heures et demie, elle mit sa laisse \u00e0 Kar\u00e9nine et gagna avec lui toujours \u00e0 pied lh\u00f4tel o\u00f9 elle travaillait dans un quartier p\u00e9riph\u00e9rique. Quand on navait plus voulu delle au journal, elle avait trouv\u00e9 une place de barmaid. \u00c7a s\u00e9tait pass\u00e9 quelques mois apr\u00e8s son retour de Zurich ; finalement on ne lui avait pas pardonn\u00e9 davoir photographi\u00e9 les chars russes sept jours durant. Elle avait obtenu cette place gr\u00e2ce \u00e0 des amis : des gens qui avaient perdu leur travail \u00e0 peu pr\u00e8s au m\u00eame moment quelle y avaient aussi trouv\u00e9 refuge. A la comptabilit\u00e9 il y avait un ancien professeur de th\u00e9ologie, \u00e0 la r\u00e9ception un ancien ambassadeur. Elle avait de nouveau peur pour ses jambes. Autrefois, quand elle travaillait en province comme serveuse, elle observait avec effroi les mollets de ses coll\u00e8gues, qui \u00e9taient couverts de varices. C\u00e9tait la maladie de toutes les filles de salle, qui passaient leur vie \u00e0 marcher, \u00e0 courir, ou debout, les bras lourdement charg\u00e9s. Le travail \u00e9tait quand m\u00eame moins p\u00e9nible quautrefois en province. Avant de commencer son service, il lui fallait sans doute porter de lourdes caisses de bouteilles de bi\u00e8re et deau min\u00e9rale, mais le reste du temps elle se tenait derri\u00e8re le comptoir, versait des alcools aux clients et, dans lintervalle, rin\u00e7ait les verres dans un petit \u00e9vier install\u00e9 \u00e0 lextr\u00e9mit\u00e9 du bar. Kar\u00e9nine restait patiemment couch\u00e9 \u00e0 ses pieds pendant tout son service. Il \u00e9tait minuit pass\u00e9 quand elle termina ses comptes et remit largent au directeur de lh\u00f4tel. Ensuite elle alla dire au revoir \u00e0 lambassadeur qui \u00e9tait de service de nuit. Derri\u00e8re  9 Un adolescent vint sasseoir au bar sur un tabouret inoccup\u00e9. On lui aurait donn\u00e9 seize ans. Il pronon\u00e7a quelques phrases provocantes qui sincrustaient dans la conversation comme sincruste dans un dessin le faux trait quon ne peut ni continuer ni gommer. Vous avez de jolies jambes, dit-il. Elle se rebiffa : Comme si on les voyait \u00e0 travers le bois du comptoir! Je vous connais. Je vous vois dans la rue, expliqua le jeune homme. Mais Tereza s\u00e9tait \u00e9loign\u00e9e et soccupait dautres clients. Il commanda un cognac. Elle refusa. Je viens davoir mes dix-huit ans, protestait ladolescent. Alors, montrez-moi votre carte didentit\u00e9! Pas question, r\u00e9pliqua ladolescent. Tr\u00e8s bien! Prenez une limonade! Sans mot dire, ladolescent se leva de son tabouret et sortit. Au bout dune demi-heure environ, il revint et retourna sasseoir au bar. Il faisait de grands gestes flous et son haleine puait lalcool \u00e0 trois m\u00e8tres \u00e0 la ronde. Une limonade! Vous \u00eates ivre! dit-elle. Ladolescent montra un \u00e9criteau accroch\u00e9 au mur derri\u00e8re Tereza : Il est express\u00e9ment interdit de servir des boissons alcoolis\u00e9es aux mineurs de moins de dix-huit ans. Il vous est interdit de me servir de lalcool, dit-il, d\u00e9signant Tereza dun grand geste de la main, mais il nest \u00e9crit nulle part que je nai pas le droit d\u00eatre so\u00fbl. 19 Depuis cinq ans que larm\u00e9e russe avait envahi le pays de Tomas, Prague avait tellement chang\u00e9 : les gens que Tomas croisait dans la rue n\u00e9taient plus les m\u00eames quavant. La moiti\u00e9 de ses amis avaient \u00e9migr\u00e9 et la moiti\u00e9 de ceux qui \u00e9taient rest\u00e9s \u00e9taient morts. Cest un fait qui ne sera consign\u00e9 par aucun historien : les ann\u00e9es qui ont suivi linvasion russe ont \u00e9t\u00e9 une p\u00e9riode denterrements ; jamais les d\u00e9c\u00e8s nont atteint une telle fr\u00e9quence. Et je ne parle pas seulement des cas somme toute assez rares o\u00f9 des gens ont \u00e9t\u00e9 traqu\u00e9s \u00e0 mort comme la \u00e9t\u00e9 Jan Prochazka. Quinze jours apr\u00e8s que la radio eut commenc\u00e9 \u00e0 diffuser quotidiennement lenregistrement de ses conversations priv\u00e9es, il fut hospitalis\u00e9. Tout \u00e0 coup, le cancer qui sommeillait sans doute discr\u00e8tement dans son corps depuis quelque temps avait fleuri comme une rose. Lop\u00e9ration eut lieu en pr\u00e9sence de la police et quand celle-ci eut constat\u00e9 que le romancier \u00e9tait condamn\u00e9, elle cessa de sint\u00e9resser \u00e0 lui et le laissa mourir dans les bras de sa femme. Mais la mort frappait aussi ceux qui n\u00e9taient pas directement pers\u00e9cut\u00e9s. Sinfiltrant \u00e0 travers l\u00e2me, le d\u00e9sespoir qui s\u00e9tait saisi du pays semparait des corps et les terrassait. Certains fuyaient d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment devant les faveurs du r\u00e9gime qui voulait les combler dhonneurs et les contraindre \u00e0 para\u00eetre en public en pr\u00e9sence des nouveaux dirigeants. Cest comme \u00e7a que le po\u00e8te Frantisek Hrubine est mort, en fuyant lamour du Parti. Le ministre de la Culture, auquel il avait tent\u00e9 de toutes ses derni\u00e8res forces d\u00e9chapper, le rattrapa dans son cercueil. Il pronon\u00e7a sur la tombe un discours o\u00f9 il \u00e9tait question de lamour du po\u00e8te envers lUnion sovi\u00e9tique. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/1.bp.blogspot.com\/_PjMVCKQDVg0\/SiP42X0eP-I\/AAAAAAAADc0\/Jsgjag04Bx8\/s320\/George_Eliot_2.jpg\" alt=\"milan kundera une rencontre download\" align=\"right\"> To avoid being denied access, log in if youre a ResearchGate member or create an account if youre not. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jubla-weggis.ch\/jj\/wp-content\/gallery\/sola-2003\/126_2677.jpg\" alt=\"milan kundera une rencontre download\" align=\"left\"> 11 Beaucoup plus que cette carte de visite quil lui a tendue au dernier moment, cest cet appel des hasards le livre, Beethoven, le chiffre six, le banc jaune du square qui a donn\u00e9 \u00e0 Tereza le courage de partir de chez elle et de changer sa vie. Ce sont peut-\u00eatre ces quelques hasards dailleurs bien modestes et banals, vraiment dignes de cette ville insignifiante qui ont mis en mouvement son amour et sont devenus la source d\u00e9nergie o\u00f9 elle sabreuvera jusqu\u00e0 la fin. Notre vie quotidienne est bombard\u00e9e de hasards, plus exactement de rencontres fortuites entre les gens et les \u00e9v\u00e9nements, ce quon appelle des co\u00efncidences. Il y a coincidence quand deux \u00e9v\u00e9nements inattendus se produisent en m\u00eame temps, quand ils se rencontrent : Tomas appara\u00eet dans le restaurant au moment o\u00f9 la radio joue du Beethoven. Dans leur immense majorit\u00e9, ces co\u00efncidences-l\u00e0 passent compl\u00e8tement inaper\u00e7ues. Si le boucher du coin \u00e9tait venu sasseoir \u00e0 une table du restaurant \u00e0 la place de Tomas, Tereza naurait pas remarqu\u00e9 que la radio jouait du Beethoven bien que la rencontre de Beethoven et dun boucher soit aussi une curieuse co\u00efncidence. Mais lamour naissant a aiguis\u00e9 en elle le sens de la beaut\u00e9 et elle noubliera jamais cette musique. Chaque fois quelle lentendra, elle sera \u00e9mue. Tout ce qui se passera autour delle en cet instant sera nimb\u00e9 de l\u00e9clat de cette musique, et sera beau. Au d\u00e9but du gros livre que Tereza tenait sous le bras le jour o\u00f9 elle \u00e9tait venue chez Tomas, Anna rencontre Vronsky en d\u00e9tranges circonstances. Ils sont sur le quai dune gare o\u00f9 quelquun vient de tomber sous un train. A la Les grands romans sont toujours un peu plus intelligents que leurs auteurs.  Weve noticed some unusual traffic coming from your network. You are being blocked <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jubla-weggis.ch\/jj\/wp-content\/gallery\/sola-2006\/1.jpg\" alt=\"milan kundera une rencontre download\" align=\"center\"> Tous droits r\u00e9serv\u00e9s Spirale magazine culturel inc, 2005 \u00e9t\u00e9 tout \u00e0 fait inutiles et quil s\u00e9tait priv\u00e9 de dizaines de femmes \u00e0 cause dun malentendu! Apr\u00e8s son cours de lapr\u00e8s-midi, il alla directement chez Sabina depuis luniversit\u00e9. Il comptait lui demander de le laisser passer la nuit chez elle. Il sonna, personne nouvrit. Il alla attendre au caf\u00e9 den face, les yeux braqu\u00e9s sur lentr\u00e9e de limmeuble. Les heures passaient et il ne savait que faire. Toute sa vie, il avait dormi dans le m\u00eame lit que Marie-Claude. Sil retournait chez lui maintenant, fallait-il s\u00e9tendre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 delle comme avant? Certes, il pourrait faire son lit sur le divan de la pi\u00e8ce voisine. Mais ne serait-ce pas un geste un peu trop ostentatoire? Ne pourrait-on y voir une manifestation dhostilit\u00e9? Il voulait rester ami avec sa femme! Mais aller dormir aupr\u00e8s delle, ce n\u00e9tait pas possible non plus. Il entendait d\u00e9j\u00e0 ses questions ironiques : Comment? Il ne pr\u00e9f\u00e9rait pas le lit de Sabina? Il opta pour une chambre dh\u00f4tel. Le lendemain, il retourna sonner toute la journ\u00e9e \u00e0 la porte de Sabina. Toujours en vain. Le surlendemain, il alla trouver la concierge de limmeuble o\u00f9 se trouvait latelier de Sabina. Elle ne savait rien et le renvoya \u00e0 la propri\u00e9taire qui louait latelier. Il t\u00e9l\u00e9phona et apprit que Sabina avait donn\u00e9 cong\u00e9 lavantveille en r\u00e9glant le loyer des trois mois suivants, comme il \u00e9tait pr\u00e9vu dans le bail. Pendant plusieurs jours, il essaya encore de surprendre Sabina chez elle, jusqu\u00e0 ce quil trouve lappartement ouvert et \u00e0 lint\u00e9rieur trois hommes en bleus qui enlevaient les meubles et les toiles pour les charger dans un grand camion de d\u00e9m\u00e9nagement gar\u00e9 devant la maison. Il leur demanda o\u00f9 ils allaient transporter les meubles. Ils r\u00e9pondirent quil leur \u00e9tait formellement interdit de communiquer ladresse. Critiques 25, citations 80, extraits de La Valse aux adieux de Milan Kundera. Avec lann\u00e9e nouvelle viennent les bonnes r\u00e9solutions! Deux ans sur.. Marie-Claude hocha la t\u00eate et annon\u00e7a de sa voix claironnante : Mais pas du tout! Non, non et non, tu ny es pas du tout! Stendhal est un auteur nocturne! Franz suivait de tr\u00e8s loin le d\u00e9bat sur lart nocturne et diurne, ne songeant quau moment o\u00f9 Sabina ferait son entr\u00e9e. Ils avaient tous les deux r\u00e9fl\u00e9chi pendant plusieurs jours pour savoir si elle devait ou non accepter linvitation \u00e0 ce cocktail que Marie-Claude donnait en lhonneur de tous les peintres et sculpteurs qui avaient expos\u00e9 dans sa galerie priv\u00e9e. Depuis quelle avait fait la connaissance de Franz, Sabina \u00e9vitait sa femme. Mais, redoutant de se trahir, elle d\u00e9cida finalement quil serait plus naturel et moins suspect de venir. Comme il jetait des regards furtifs en direction de lentr\u00e9e, il saper\u00e7ut qu\u00e0 lautre bout du salon p\u00e9rorait, infatigablement, la voix de Marie-Anne, sa fille de dix-huit ans. Il quitta le groupe o\u00f9 officiait sa femme pour le cercle o\u00f9 r\u00e9gnait sa fille. Il y avait quelquun assis dans un fauteuil, les autres \u00e9taient debout, Marie-Anne \u00e9tait assise par terre Franz \u00e9tait certain que Marie-Claude, \u00e0 lextr\u00e9mit\u00e9 oppos\u00e9e du salon, allait bient\u00f4t sasseoir \u00e0 son tour sur le tapis. A cette \u00e9poque, sasseoir par terre devant ses invit\u00e9s \u00e9tait un geste qui signifiait quon \u00e9tait naturel, d\u00e9tendu, progressiste, sociable et parisien. Marie-Claude mettait tant de passion \u00e0 sasseoir par terre en tous lieux que Franz redoutait souvent de la trouver assise par terre dans la boutique o\u00f9 elle allait sacheter ses cigarettes. A quoi travaillez-vous, Alan, en ce moment? demanda Marie-Anne \u00e0 lhomme au pied duquel elle \u00e9tait assise. Alan, gar\u00e7on na\u00eff et honn\u00eate, voulut r\u00e9pondre sinc\u00e8rement \u00e0 la fille de la propri\u00e9taire de la galerie. Il commen\u00e7a par lui expliquer sa nouvelle mani\u00e8re de peindre qui combinait la photo et la peinture \u00e0 lhuile. Il avait \u00e0 peine miroir, du m\u00eame long regard interrogateur pos\u00e9 tant\u00f4t sur elle, tant\u00f4t sur lui. Par terre, au pied du miroir, il y avait une t\u00eate postiche coiff\u00e9e dun vieux chapeau melon. Elle se pencha pour le prendre et se le planta sur la t\u00eate. Aussit\u00f4t, limage changea dans le miroir : on y voyait une femme en sousv\u00eatements, belle, inaccessible, froide, la t\u00eate surmont\u00e9e dun chapeau melon tout \u00e0 fait incongru. Elle tenait par la main un monsieur en costume gris et en cravate. Une fois de plus, il s\u00e9tonna de comprendre aussi mal sa ma\u00eetresse. Elle ne s\u00e9tait pas d\u00e9shabill\u00e9e pour le convier \u00e0 lamour, mais pour lui jouer une farce bizarre, un happening intime pour eux deux seulement. Il sourit, compr\u00e9hensif et consentant. Il pensait quelle allait lui sourire \u00e0 son tour, mais son attente fut d\u00e9\u00e7ue. Elle ne l\u00e2chait pas sa main et son regard allait de lun \u00e0 lautre dans le miroir. La dur\u00e9e du happening d\u00e9passait les bornes. Franz trouvait que cette farce charmante certes, il voulait bien ladmettre se prolongeait un peu trop. Il prit d\u00e9licatement le chapeau melon entre deux doigts, lenleva en souriant de la t\u00eate de Sabina et le remit sur le socle. C\u00e9tait comme de gommer les moustaches dessin\u00e9es par un gosse espi\u00e8gle sur limage de la Vierge Marie. Elle resta encore immobile pendant quelques secondes \u00e0 se contempler dans le miroir. Puis Franz la couvrit de tendres baisers. Il lui demanda encore une fois de laccompagner dans une dizaine de jours \u00e0 Palerme. Cette fois, elle promit sans d\u00e9tour, et il partit. Sa bonne humeur \u00e9tait revenue. Gen\u00e8ve, quil avait maudite toute sa vie comme la m\u00e9tropole de lennui, lui semblait belle et pleine daventures. Il se retourna, les yeux lev\u00e9s vers la baie vitr\u00e9e de latelier. C\u00e9taient les derni\u00e8res semaines du printemps, il faisait chaud, toutes les fen\u00eatres Facebook : https:fr-fr.facebook.comfranceculture L Ignoranceest \u00e9crit en fran\u00e7ais en 2000 et paru en France en 2003. Traduit en plusieurs langues, LIgnorance a d\u00e9j\u00e0 connu un succ\u00e8s hors de lHexagone. Renouant avec le roman \u00e0 multiples facettes, \u00e0 multiples entr\u00e9es, il sappuie sur le d\u00e9racinement et lexil, impr\u00e9gn\u00e9 des fragrances subtiles de la Boh\u00eame. Entre m\u00e9lancolie et vin doux. Avec des personnages qui vont, viennent, sefforcent daccoster quelque part Irena, veuve et m\u00e8re \u00e0 la fois, r\u00e9fugi\u00e9e \u00e0 Paris \u00e0 la fin des ann\u00e9es soixante, et de retour \u00e0 Prague vingt ans apr\u00e8s ; son ami Gustaf, entrepreneur su\u00e9dois ; Milada, vieille complice denfance ; Josef, \u00e9galement de retour en Boh\u00eame, dans une Tch\u00e9quie post-r\u00e9volutionnaire et post-communiste. Des \u00e9migr\u00e9s sans patrie, arrim\u00e9s \u00e0 leur pass\u00e9 qui sest malgr\u00e9 tout \u00e9chapp\u00e9, des individus ordinaires charg\u00e9s du poids lourd de leur existence, mutil\u00e9s et bless\u00e9s dans leur chair. Les destins se croisent, se manquent, se cognent. .<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>milan kundera une rencontre download<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cargovale.com.au\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13202"}],"collection":[{"href":"http:\/\/cargovale.com.au\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cargovale.com.au\/home\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cargovale.com.au\/home\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cargovale.com.au\/home\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13202"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cargovale.com.au\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13202\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13203,"href":"http:\/\/cargovale.com.au\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13202\/revisions\/13203"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cargovale.com.au\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13202"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/cargovale.com.au\/home\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13202"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/cargovale.com.au\/home\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13202"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}