Lors de lédition 2013, plus de 6 000 spectateurs ont assisté aux soirées de projections photographiques, soit environ 1 500 spectateurs par soir. Je ne sais, pour ma part, que penser de lexposition, partagée entre lenthousiasme de Fontcuberta et son futur à inventer et des réserves quant à la véritable place à donner à ces images. Il est certain quil faut prendre acte des mutations induites par le numérique, mutations largement accélérées par les usages de limage sur internet, et cest sans nul doute normal que ces changements suscitent méfiance et résistances, en remettant en cause lidée que nous avons de la photographie et du statut de lauteur. Voir ces pratiques exposées au sein dun festival de photographie comme celui dArles montre bien quil est devenu impossible de lignorer, tant mieux.
Lintrospection est aussi un chemin de lumière vers la contemplation et la libération individuelle. Ce sont des moments dinspiration lors desquels linfini mapparaît comme une révélation, en un zénith mental. Ce qui na pas de fin, ce qui est essentiel dépasse le monde dici-bas; la foi remplace la logique et se transforme en un acte éternel et circulaire. Pékin, la Sibérie ou Cuba, et se fait ainsi le témoin Aux Rencontres dArles, le champ de la photographie explose Comment tombe-t-on sur un homme de ce niveau, fils dun commerçant juif converti au catholicisme pour épouser une seconde femme, abbé, improvisateur profession très en vogue en Italie au XVIIIe siècle, séducteur, librettiste dopéra à Vienne, secrétaire des princes, producteur de spectacles à Londres, enseignant ditalien, libraire de livres italiens et producteur dopéra à New-York? Pour notre part, en lisant le truculent Dictionnaire amoureux de lItalie par Dominique Fernandez, qui préfaça les mémoires du maître italien parues chez le Mercure de France. Pour en revenir à la richesse de la production en ligne et son absence à Arles jusquà cette année, on ne peut que le regretter, et féliciter François Hébel davoir eu le cran cette année de programmer cette exposition dans un lieu fréquenté par un monde photographique aux résistances vivaces. Quatre ans après Tous photographes, cest long en effet pour donner la vedette à une photographie numérique débarrassée de ses oripeaux argentiques et qui a bouleversé notre manière de penser la photographie elle-même! Mais ne boudons pas notre plaisir From here on fera date!
Pour lédition 2011 des Rencontres dArles, le Mexique est à lhonneur malgré la toile de fond des polémiques autour de lannée du Mexique en France, entachée par le différend franco-mexicain sur le sort de Florence Cassez, condamnée par la justice mexicaine à 60 ans de prison pour enlèvements et port darmes. Lucien Clergue se félicite que la partie mexicaine du programme du festival ait pu malgré tout être maintenue. Hispanophone aguerri, il entretient un rapport particulier avec ce pays. Il a ainsi eu pour élève dit-il avec humour, en 1975, un Mexicain du nom de Pedro Meyer, depuis devenu président-fondateur du Conseil mexicain de la photographie et surtout un photographe de renommée mondiale, récompensé en 1987 du prestigieux Guggenheim grant. Pedro Meyer a aussi organisé les trois premiers colloques de photographie à léchelle de lAmérique latine tout entière. Voilà pourquoi on peut dire, selon Clergue, que les Rencontres dArles ont permis à un continent de trouver son identité photographique. Dayanita Singh, Les archives du ghetto de Lodz, Stephen Gill, Oleg Kulik, Arsen Savadov, Keith Arnatt, Raphaël Dallaporta, Taiji Matsue, Tony Ray-Jones, Osamu Kanemura, Kawauchi Rinko, Chris Killip, Chris Shaw, Kimura Ihei, Neeta Madahar, Frank Breuer, Hans van der Meer, James Mollison, Chris Killip, Mathieu Pernot, Paul Shambroom, Katy Grannan, Lucien Clergue, AES F, György Lörinczy Rencontres de la photographie Arles 2005 : 36 e édition 5 juillet-18 septembre Merci de me signaler quun photographe professionnel vit des revenus de son activité. Puis-je de même te rappeler que leau mouille et que la musique adoucit les moeurs. Sauf à avoir abusé du chouchen, tu ne peux pas avoir complètement oublié que la crise du métier de photographe fait partie des principales questions traitées sur Culture Visuelle, je ne vais pas y revenir ici en cinq lignes, et je te renvoie à ces débats auxquels tu as toi-même abondamment participé. Le sujet est plutôt ici des choix symboliques et représentationnels des uns et des autres, dans un festival qui est spécifiquement un lieu de signaux emblématiques. On pourrait me soupçonner de surinterprétation si jécrivais de Pont-à-Mousson, mais justement nous sommes en Arles, et il me semble bien que lidée de lUPP est de profiter de la visibilité de ce promontoire pour faire valoir ses revendications. Série : Mois de la photo 2012, 55-octobre 2012, 26102012 De nombreux photographes ont été révélés grâce aux Rencontres dArles, ce qui confirme limportance du festival dans son rôle de tremplin pour la photographie et la création contemporaine. 210 artistes ont été exposés lors de la 50 e édition. 24Première observation sur lexposition des photographies de Marker : lobjet commande la distribution et plus précisément lassemblage. Les séries photographiques ont en effet été conservées et même présentées comme des ensembles cohésifs en ligne, en carré ou en rectangle, exception faite des Coréennes. Outre le fait que cette concentration eidétique géométrique et concentrée est relativement ordinaire aujourdhui pour affirmer lunité des séries photographiques ou des œuvres sérielles contemporaines, elle invite à sinterroger sur les valeurs de la présentation en série. La contiguïté des séries favorise évidemment les correspondances, cest-à-dire la comparaison présentée comme pertinente par la mise en série elle-même. Mais, la configuration de lassemblage, son dessin sa gestalt, une concentration trop importante peuvent affirmer la priorité de lensemble sur les parties et de fait gêner lisolement des différents objets nécessaire pour les comparer. Du point de vue cognitif et non plus perceptivo-pragmatique, laffirmation dune forme disotopie pourrait faciliter, daprès Félix Thürlemann, une forme de compréhension. Mais cette compréhension semble découler dun déplacement de lattention de la forme et du contenu dune représentation vers la seule mise en évidence de constantes et de variantes, de changement ou dévolution des motifs. Pour Aurélie Filipetti, ministre de la Culture, il avait endossé la tenue de camouflage du cinéaste globe-trotter, de lartisan bricoleur quil aura été pendant plus de soixante ans. Cétait un artiste éclectique et engagé, le parfait honnête homme du XXIe siècle alliant lactualité politique du monde, le goût du beau et les techniques numériques.. Son oeuvre gardera lempreinte indélébile de sa tendresse pour toutes les révolutions culturelles. Les Rencontres de la photographie d anciennement nommées Rencontres internationales de la photographie dArles sont un estival annuel de, fondé en par le photographe arlésien, lécrivain et lhistorien.
Êtes-vous sûr de vouloir supprimer tous les documents de la sélection courante? JR, whom we first exhibited in Arles in 2007, is from a different generation than Chris Marker but, like him, is motivated by political awareness on an international scale. He has always rejected the idea of fatalismhis concerns are for the lot of his fellow humans. JR was recently awarded the prestigious TED award in the United States. He will be presenting the meteoric development of his citizen poster projects at the Théâtre Antique on the closing evening of the opening week. Lexposition de loeuvre dEnrique Metinides est lune des seules à avoir échappé aux annulations de lannée France-Mexique. Cette épopée sordide saccompagne dautres miraculées qui composent une fresque hallucinée de ce beau pays gangrené par la violence : Dulce Pinzon et ses émigrés mexicains ordinaires représentés en super-héros à New-York, grandes bourgeoises dans leur environnement criard de vulgarité par Daniella Rossell, prostituées dans les bouges infâmes de la frontière mexico-américaine par Maya Goded. Mark Ruwedel-1212 Palmiers n2, Four Palms Spring, 2007. La collection photographique des Rencontres dArles sest formée en plusieurs temps et formes. Une première phase dacquisitions a été menée de 1976 date supposée à la fin des années 90. La première entrée en collection supposée date de 1976 avec lœuvre de, Satirical photographer. En 1983, à linitiative du Ministère de la Culture, une galerie de prêts est créée, ce qui marque le début dune prolifique période dacquisitions. La Photothèque des Rencontres Internationales de la Photographie, une des premières créées en France, prête des œuvres aux particuliers et aux institutions. De nombreuses donations dœuvres par les artistes exposés au festival ponctuent par ailleurs la période. À lissue de cette période, deux grands dépôts sont réalisés en 2002 et 2005 au, les conditions de conservation des œuvres sont ainsi mieux respectées dans les réserves du Musée. 30Dun point de vue communicationnel et sémiotique, le paratexte peut être considéré pour sa capacité à attirer ou à orienter lattention du spectateur sur lui en raison de sa forme visuelle ou de son éventuelle originalité. Ici, il ny a nulle originalité. La simplicité du panneau et la transparence relative de sa graphie courante nincitent à voir celui-là que comme une page, un support dinformation et dune information sobrement rapportée. Par contre, sa situation à hauteur dhomme, avant une première photographie présentant le portrait dun travailleur tourné vers la gauche, cest-à-dire vers lui, et regardant le photographe-spectateur, est autrement remarquable et ostentatoire. La relation ainsi créée entre le texte du photographe et ses photos tend à effacer une solution de continuité trop brutale entre le référant et le référé, entre deux productions de lauteur-photographe. Elle peut aussi évoquer une autre relation ternaire usitée dans les discours de lart : celle entre lartiste représenté par son texte, lœuvre et le visiteur de lexposition potentiellement lecteur-spectateur. Cest sur les conseils dAlain Resnais et avec son aide que Chris Marker se tourne vers le cinéma : Jai volé ces photos entre 95 et 97 dans le métro à Paris. Volé, car il est interdit de prendre, cest la loi; chacun, dit-elle, est propriétaire de son image. Notre image pourtant nest quun alias sans valeur de nous-même, partout à notre insu: comment et pourquoi nous appartiendrait-elle? Mais il y a plus important, une autre règle, ce pacte de non-agression: il ne faut pas regarder lAutre. À part le coup dœil de contrebande, cest le mur. On est très seul dans ces endroits publics et il y a de la violence dans cette acceptation calme dun monde fermé. Je suis assis face à quelquun pour enregistrer limage, la forme de lévidence; mais comme lui je fixe un point éloigné et je simule labsence. Jessaie de lui ressembler. Cest une comédie, un mensonge nécessaire le temps dune photo. Si regarder cest être libre, photographier aussi; je retiens ma respiration et je déclenche. En exclusivité, Jean Pigozzi présente 40 ans de clichés au coeur de la jet-set.